SEMAINE ZÉRO (2) : TARBERT

TARBERT

Or donc. Tarbert. Haaa, Tarbert, c’est la seconde grande ville des Hébrides ; la première, Stornoway, est une mégalopole tentaculaire aux constructions dantesques –son titanesque aéroport mettrait, à titre d’exemple, celui de Roissy à l’amende. Et, ma foi, Tarbert est bâtie sur le même modèle, à l’échelle 1/50.

Bref, Tarbert est une toute petite ville tirant très, trrrès fortement sur le gros village –et le village western, qui plus est : une unique grand-rue, flanquée d’une dizaine de commerces (je suis bon prince), en tout et pour tout. Au nord, entre Tarbert et Stornoway ? Pas grand-chose. Au sud ? Carrément rien.

Tarbert

Tarbert

Nous voici donc bien, bien paumés… et ravis de l’être –puisque de fait, nous cherchions à tourner au sein de décors vierges et sauvages ; or, plus vierge et plus sauvage, on fait pas. Enfin, si, en Islande, je suppose, ou en Alaska, mais notre budget anémique a choisi pour nous.

Aussi découvrons-nous la ville (la ville, huhuhu) en un rien de temps ; devant nos yeux éblouis se déploient :

un Tourist Information Centre (ouvert l’été) ; un Post Office ; un bar, deux restaus/bars, un salon de thé ; deux épiciers/marchands de journaux ; un bric à brac, tenu par « l’Indien » ; un magasin de mécanique générale (le repaire du vieil Alec, j’y reviendrai !) ; deux salons de coiffure ; un garage, deux stations service ; un gymnase, avec piscine intérieure et terrains de foot (quand même, hein) ; une bibliothèque ; une banque, un ATM (distributeur) ; un commissariat ; une station de pompiers ; et un menu centre de soins : le Surgery and Primary Cares, North Isles Health Center, avec accès hélico –tout de même.

Ha oui, parce que, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, voyez-vous, il n’y a pas de pharmacie locale (ça n’est pas non plus comme si le pays était hostile, hein…) ; d’où, en cas de bobo léger (lire : « ne nécessitant pas l’intervention directe d’un hélico »),  une grosse heure de route jusqu’à Stornoway.

…et voilà, quoi. Pas de mairie non plus, tiens, soit dit en passant. Et pas de supermarchés –là encore, il faut compter soixante grasses minutes pour renouveler les stocks de Cadbury.

Bon. Et sinon ? Sinon, bah, peu de choses à dire quant à cette première semaine –semaine ‘zéro’, donc, si ce n’est qu’elle s’avère, d’entrée de jeu, très chargée.

PREMIÈRES GALÈRES

D’entrée de jeu, donc, et pour reprendre ma formule, divers problèmes de déco s’imposent à notre attention –chacun se renvoyant la balle et tous, moi y compris, ayant tort, je ne m’appesantirai pas ici sur le pourquoi et le comment desdits problèmes ; toujours est-il que bon, voilà, nous nous apercevons dès notre arrivée (en fait dès le lendemain de notre arrivée, pour être parfaitement précis) que déco et accessoires sont à retravailler, voire à recréer, dans leur quasi-totalité. La galère, quoi ; une flotte de galères, même. Le beau filet de tennis s’avère être un filet de badminton, le court est trop étroit, la grand-tente trop petite, ustensiles et outils (intradiégétiques) n’ont pas été vieillis, j’en passe et des plus tristes.

Fort heureusement, les autochtones s’avèrent aussi compétents et inventifs qu’ils sont sympathiques, et tous se mettent en quatre pour nous aider : le toujours souriant Angus McLeod, gérant des gîtes où nous résidons (ainsi que d’un hôtel très chic, où certains d’entre nous ont passé deux nuits en première semaine), nous procure, via un ancien militaire de ses amis, tentes, sacs, accessoires et duvets ; le vieil Alec « Phaddy » Morrison nous refile tout un stock de breloques, récipients et autres poteaux métalliques aux looks superbement destroy ; hôtes du Tourism Information Center et rangers du North Hebridean Trust multiplient appels et conseils…

Bref, tout le monde met la main à la pâte. (Personne cependant autant que Claire et Sarah, qui deviendront dans les faits, et par la force des choses, chefs déco du tournage pour les semaines à venir… Ceci tout en tenant, sans faillir, leurs rôles initiaux, et en multipliant en parallèle, histoire de faire bonne mesure, les coups de main auprès de chaque poste. Deux warriors inoxydables, en guerre dès la première heure.)

Rambo 1 & Rambo 2

Rambo 1 & Rambo 2

Mais j’en perds ma chronologie : Sarah, elle, n’arrive qu’en toute fin de semaine…

WEEK ZERO

Semaine zéro, donc, et gros problèmes de déco. Mis à part ça –et quoique « ça » nous prenne un temps fou, matin, soir ou nuit, suivant nos heures de présence ‘en ville’–, pas mal de nos journées se passent sur les routes, à re-repérer (voire parfois à carrément tenter de retrouver) les lieux de tournage, pré-repérés, donc, en amont –en décembre 2012 pour être précis : j’avais alors passé une semaine sur l’île d’Harris, à courir dans les Highlands, caméra en main et godasses poreuses (plotch) aux pieds. Bonne nouvelle : lesdits lieux restent superbes… et d’autant plus superbes que, incroyable mais vrai, il fait beau.

Repérages

Repérages (plus de photos sur notre page Facebook)

Parce que, bon, personne ne nous croira par la suite –personne– au vu du temps de merde qui nous torturera en permanence du premier clap au dernier, mais, hé bien, cette première semaine fut, à l’exception d’une matinée de pluie et d’un jour de GRAND vent, douce et ensoleillée. Nous bûmes même du Ricard en terrasse (et en T-shirt) (habile zeugma), face au port, les premiers jours. Innocents que nous étions.

J-2

Allez. Vendredi 14. Il est temps de récupérer nos troupes, acteurs et techniciens, à l’aéroport –au minuscule aéroport de Stornoway :

Haaa, James ! Mais, heu, ils sont où, les autres ? (Appel à Cyril, le prod resté en France 🙂 Ho, Cyril, ils sont où, les autres ? Ha OK, ha d’accord, ouais ben faut nous prévenir quand y a des changements, quoi, on a eu peur, là…

(Puis, une demi-heure plus tard 🙂 Les voilà ! Mais– il dit quoi, le monsieur au micro ? Shit, les sacs des Français sont restés sur le continent? Bon. Ben vous aurez vos affaires d’ici un jour ou deux, les gars. Allez, let’s go.

Au final– ha tiens, qu’est-ce que c’est que ça ? De la pluie. Ça alors. Bah, ça va passer…

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