JOURS 2 & 3 : SCOTTISH BEAUTY

Peu de grandes aventures en ces jours 2 et 3 –journées qui précèdent, tout-à-fait littéralement, la tempête ; rendez-vous en jour 4, dès la semaine prochaine, pour plus d’action.

Le temps est encore beau (enfin, beau… comme ça, quoi ; disons qu’il ne pleut pas), et nous commençons, d’ores-et-déjà, à ritualiser nos pratiques : le chargement matinal du van (encore en forme), le tour rapide des accessoires et de la déco (préparés la veille par Claire et Sarah), la mise en route dynamique, encouragée par Freddie Mercury ou autres chanteurs motivants, soigneusement sélectionnés par Ben.

...van du matin, van qui souffre le long des chemins...

Van du matin, van qui souffre le long des chemins…

Deux jours durant, en outre, les Highlands nous font du charme : chaque coin visité s’avère sublime ; plages de sable blanc, mer turquoise, îles sauvages et minuscules à perte de vue. Biches, loutres et lapins omniprésents, vaguement râleurs d’avoir à nous céder la place… Ha que l’Écosse est un beau pays.

Le jour 2 commence donc dans la joie et la bonne humeur –excepté en fin de matinée, quand Pierre (un de mes trois acteurs) et votre serviteur se retrouvent au deux-tiers immergés pour filmer une  séquence de toilette. Alors certes, le loch choisi est beau, mais, comment dire… Ça caille sa race, quoi.

Brrr...

Brrr…

Qu’importe : nous bouclons notre séquence, ne prenant qu’un chouïa de retard, et partons pour un second lieu plus enchanteur encore, Hushinish. Lieu où nous marchons (beaucoup), filmons (rapidement) et repartons, le sourire aux lèvres, pour la grande séquence du soir –et, soyez heureux, le gros bug du jour (c’est le cas de le dire).

Ce n’est en effet qu’après quatre heures de travail (je compte le transport, la marche, la mise en place de la déco, quelques répétitions ainsi que les premières prises), ce n’est qu’après quatre heures de taf, donc, que je m’aperçois, en filmant le ciel (blanc, car couvert de vespéraux nuages), qu’un insecte ricaneur, et minuscule, est plaqué sur mon image, à bousiller mes cadres.

Problème mineur ? Certes pas : non seulement cette vile ordure a déjà dénaturé les plans de la soirée (d’où la nécessité de re-tourner chaque prise ‘salie’ alors même que nous courons, en permanence, après la montre), mais elle a, qui plus est, salopé quelques plans shootés les heures précédentes –je vérifie la chose sur mon minuscule viseur et m’aperçoit, le cœur lourd, qu’il nous faudra jouer les truquistes en postproduction. (Pour rappel, on n’est pas chez Cameron, et les retakes tardives ne sont, à notre niveau, qu’un fantasme inaccessible.)

Pire encore : ce foutu machin ne s’est pas collé sur l’objectif, nooon, trop simple, voyez-vous : il est entré, Dieu sait comment, dans le corps de la caméra, et se repose, pépère, quelque part sur le capteur. S’ensuit donc une mise à l’abri de la caméra susnommée (loin des herbes et du vent), accompagnée de moult pratiques ô combien périlleuses visant à dégager la malfaisante créature. Et devinez quoi ? Pendant que nous galérons, le soir tombe.

L’insecte disparaît enfin, mais– trop tard. Plus de quatre heures dans la vue. Des troupes bien entamées. Une lumière changeante… Dilemme. Devons-nous tourner jusqu’à pas d’heure (la nuit ne tombant véritablement que trèèès tard dans ces îles nordiques) ou remettre la chose au lendemain ? Un vote rapide, le tournage est reporté. Merci donc à la faune locale : deux jours à tourner, et nous voici déjà à la bourre. Je jubile.

Le jour 3 s’avère, heureusement, nettement plus plaisant. Les décors restent superbes, les insectes se tiennent à carreau, et les séquences s’enchaînent. Paulette (l’épaulière, ainsi nommée… ben, je ne sais plus bien pourquoi, tiens) est de sortie, et, incroyable mais vrai, nous parvenons à rattraper une partie de notre retard.

Paulette et ses amis

Paulette et ses amis

Tout est-il pour autant facile ? Évidemment pas. Il commence notamment à faire froid ; vraiment froid, pour changer. Et la journée tire en longueur –à nouveau, et pour la troisième journée consécutive, au grand plaisir de tous.

Bah. Comparé aux jours à venir, ce jour 3 était d’une douceur incommensurable.

D’ailleurs, les anecdotes intéressantes de cette agréable journée sont davantage à rechercher au-delà de la caméra : je pourrais parler, encore et à nouveau, de Claire et Sarah rafistolant le terrain de tennis (un terrain portable, que je devrais d’ailleurs faire breveter) à longueur d’après-midis, découpant, rallongeant, poinçonnant ses bandes blanches, ou m’attarder sur l’épisode Claire-jette-une-banane-droit-dans-l’œil-de-Maia, mais nan ; je ne causerai que petit déj’ écossais, un haddock servi avec crème et toasts (ceci à l’hôtel où certains d’entre nous passaient leur dernière nuit, avant de rejoindre leur gîte), et haggis du soir –le haggis, ou « panse de brebis farcie », est la spécialité écossaise, censée caler des monstres rouquins de 2m12 couverts de tatouages celtiques ; autant dire qu’à minuit, aussi bon soit-il, ledit haggis s’avère lourd.

Mais enfin, et surtout, je noterai en ce jour 3 la révélation d’un acteur –James–, parti pour de grandes choses.

Je prends les paris: d'ici cinq ans, ce gars est une star.

Je prends les paris: d’ici cinq ans, ce gars est une star.

J’y reviendrai, plus en détails. Mais toujours est-il que sa performance du jour est à filer des frissons. L’intensité d’un jeune DiCaprio, bien aidée par une gueule hautement cinégénique, oscillant à dessein entre le beau et le tordu –une gueule à la Cassel.

Bref. Stoppons là pour ces jours d’insouciance naïve. Et préparons-nous à relater la suite –le boot camp Lahore.

To be continued.

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