OÙ EN EST-ON ? (2)

Où en est-on ?, le retour. Hééé bien, ma foi, les choses avancent, quand bien même elles avancent plus lentement que je ne le souhaiterais : le montage image est une galère noire –ce qui ne surprendra que peu les habitués du présent blog.

Habituellement, mes problèmes de montage sont les problèmes de tout monteur : des problèmes de rythme, de jeu, de (re)construction de l’espace, de lisibilité, de découpage encore, plus généralement.

Montage en cours...

Montage en cours…

Or, si The Open s’ouvre bien évidemment, et très naturellement, à ce type de problèmes, il bénéficie (…) en plus d’un élément tout neuf (en ce qui me concerne, du moins ; je pense qu’Herzog ou Refn ont dû goûter à de pareilles saletés) : le faux raccord climatique, aussi sensible que systématique.

Pour rappel, nous avons tourné quasi cinq minutes utiles [cad ‘cinq minutes présentes à l’écran en fin de course’] par jour, pendant trois semaines, sous la flotte et dans le vent. Ce qui signifiait peu de prises (because nous tournions à toute allure) et des prises, qui plus est, problématiques : le soleil apparaissait, disparaissait, la pluie tombait alors, stoppait, reprenait, quand arrivait soudain le brouillard, puis les midges… Bref, il était difficile de cadrer un plan raccord avec un autre sur un bête intervalle de dix minutes on the set.

Résultat ? Le Marc monteur s’arrache les cheveux, et essaie de rattraper les à-peu-près plastiques du Marc réa (qui n’y pouvait pas grand-chose, à sa décharge ; à moins de commander aux vents et aux marées, que faire ?) (+ cerise gâtée sur le gâteau pourri, rappelons aussi que, n’ayant pas de fric, nous n’avions qu’une miiicro-équipe, d’où… une absence notable de scripte !).

Hum-hum. Montage, donc.

Mais qui m’a foutu du soleil sur ce plan ? De l’eau sur celui-là ? Pourquoi la montagne a-t-elle disparu [véridique] ? Et ça, là, les cheveux de James qui s’envolent alors que ceux de Maia restent en place sur le contrechamp !? Mais qui m’a filmé cette merde !!??

Bref, je m’amuse. Mais, maismaismais, cela étant, le montage avance –déjà une vingtaine minutes en boîte ; on est encore loin des 85 minutes visées, hein, mais je commence à trouver un vrai rythme de croisière… ainsi que, yeepee, des solutions pour corriger les divers problèmes susnommés ; il m’aura certes fallu un moment pour piger le coup (les coups), mais, de fait, il est possible de tricher avec le soleil, les nuages, la pluie, les moustiques, le brouillard, bref, la faune et la flore écossaises.

Un exemple ? Pour coller un plan ‘soleil’ à un plan ‘nuages’, on peut notamment 1/ bidouiller les niveaux de gris de ces plans (écraser les noirs, décoller les blancs du plan ‘nuages’ et effectuer l’opération inverse sur le plan ‘soleil’), 2/ désaturer les couleurs de chacun desdits plans et 3/ accentuer une teinte commune aux deux cobayes ; avec un peu de bol, un rythme soutenu et un découpage ad hoc, l’affaire est dans le sac…

Un AVANT/APRÈS parmi tant d’autres [images issues des proxies].

Un AVANT/APRÈS parmi tant d’autres [images issues des proxies].

…parce que oui, je taffe en parallèle à mon montage sur un, disons, ‘pré-étalonnage’ du métrage (l’étalonnage présidant à la mise à niveau des couleurs et contrastes, ainsi qu’à la, heu, ‘finition esthétique’, de l’ensemble des plans) ; il m’est en effet, sur diverses séquences, absolument nécessaire de recourir au type de bidouillages susdécrits –bidouillages sans lesquels je serais parfois incapable de raccorder un premier plan à un second tant le climat des Highlands poussait aux gadins… (Ha, pis j’oubliais… la caméra ; cette foutue caméra incapable de shooter un mouvement rapide en gros plan sans le déformer [j’y reviendrai au cours de quelque futur post…]. Résultat ? Des trucages, dès l’étape du montage (!), opérés le plus souvent image par image (!!) ; trucages consistant à ‘redresser’ et recalculer ces images déformées, afin de s’assurer de leur viabilité esthétique ‘finale’. Sympa.)

Bref, le montage avance. Diiifficilement, avec des voltes et des pirouettes à droite-à gauche, de grands moments de solitude… mais avec aussi, il y a une justice, son lot de bonnes surprises : des acteurs qui déchirent en dépit de conditions climatiques hors normes –et d’un tournage très physique ; des paysages qui tuent (ouais, bon, j’avoue ; l’Écosse est méchante, mais c’est une belle méchante…) ; des plans parfois étonnamment graphiques –et du coup réussis– en dépit de leur improvisation paniquée…

Haaa. Mais– Mais toutes ces choses qui marchent, hin hin, je préfère n’en rien dire.

D’une part parce que j’aime râler, d’autre part et surtout parce que, ben… « ces choses » là, justement, devraient se retrouver incorporées au métrage. Et que vous les verrez donc, en temps et en heure.

Allez, j’y retourne, mon logiciel se lamente.

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