JOUR 8 : FLASHES

Reprenons –après une pause dûe aux finitions de DO

Du jour 8, il me reste avant tout des flashes, plus qu’une continuité quelconque ; ce qui n’a d’ailleurs rien d’étonnant tant cette journée fut remplie.

Jour 8, donc.

Le matin nous voit crapahuter dans les dunes surplombant la plage de Luskentyre –merveille locale, au sable blanc, à l’eau turquoise… et au vent froid.

Wow.

Luskentyre. Wow.

Tout aurait pu, une fois n’est pas coutume, y couler de source, si un bus de collégiens ne s’était invité sur les lieux mêmes du tournage –collégiens qui crient et courent et vont et viennent, armés de leurs cerfs-volants… Que dire aux acteurs ? « Faites comme s’ils n’étaient pas là. » (Ils n’y sont jamais, d’ailleurs. Sauf ce matin là, à cet endroit précis.)

Le temps se perd, plus facilement encore qu’un trousseau de clefs.

Quand les lardons partent enfin, la pluie les remplace. Au temps pour le matin cool.

Suit pourtant, après une courte pause déjeuner (à l’abri des dunes), un « moment de grâce » –selon les mots mêmes de Maia : nous sortons les raquettes et tournons notre première vraie séquence de tennis, sur le sable, face à la mer ; personne pour nous interrompre, les quelques rares promeneurs se voyant détournés par le chemin des dunes.

Casse-croûte dans le vent.

Casse-croûte dans le vent.

Maia et James courent dans le sable, servent, attaquent, parent, crient et s’amusent, semble-t-il. Tous deux citerons d’ailleurs par la suite ce début d’après-midi parmi leurs meilleurs souvenirs de tournage. (Notons au passage que le soleil, discret mais présent, se pointe dès lors que l’on se met à tourner (!), et que le vent, magnanime, nous offre une courte pause le temps de quelques prises…)

Le court.

Le court…

Cependant. Le court ayant pris du temps à installer (tu m’étonnes, des bandes plastique [bientôt abandonnées pour de simples drapeaux] à tirer sur une plage, avec pour consigne ‘limiter les traces de pas’ –Claire et Sarah ont dû apprécier–, dans le vent et les embruns…), nous nous trouvons en retard, et bien forcés de constater que nos deadlines vespérales risquent fort de se révéler impossibles à respecter.

James et Romain en pleine prise de 'sons seuls'.

James et Romain en pleine prise de ‘sons seuls’.

D’où une courte réunion de crise Jean-Fred-réa (moi) : nous oublions, d’un commun accord, le planning officiel, et décidons de grignoter sur le lendemain. À peine avons-nous donc terminé nos échanges beach tennistiques que nous voici partis pour le sud, Rodel et ses marécages, où nous improvisons une séquence d’entraînement sportif : course, poids, planches, services, étirements… plus un chouïa de dialogue, suggéré par James, histoire de se compliquer la tâche au maximum.

Les troupes nous déposent, à nouveau face à la mer –’nous’ étant James, Jean-Fred, Maia, Romain et moi-même, soit la version ‘squelette’ d’une équipe déjà ô combien réduite–, rejoignant de leur côté Tarbert pour y profiter de quelque bref repos (?) largement mérité ; rendez-vous, avec le chauffeur, dans les 90 minutes.

Nos deux athlètes s’activent donc –à nouveau–, courant notamment à trois reprises (trois prises d’un même ‘court’ plan-séquence) du haut d’une première colline au sommet d’une seconde ! (Je relis les notes de Maia, synthétiques mais parlantes : « Journée physique, tennis l’après-midi, entraînement le soir. On finit en miettes, gros épuisement. »)

Hop, oumph, arf, pak.

Hop, oumph, arf, pak.

Lorsque revient le van, tout est achevé –ou presque. Les comédiens tiennent à peine debout, mais– nous avons tous nos plans, une fois encore… (Bon sang, ce film a vraiment intérêt à n’être pas une daube.)

Nous rentrons a casa, nous y douchons longuement, comatons un instant et nous attablons –je me dois de noter ici les compétences de Ben, producteur, certes, mais également régisseur/cuistot de génie : tous nos repas furent, à la fois, excellents et copieux, condition sine qua non à la reprise systématique, et quotidiennement enjouée, d’un tournage pourtant infernal (quoiqu’il doive faire autrement plus chaud en enfer qu’au cœur des Highlands, notez bien…). Sachez donc, collègues cinéastes, que rien ne cimentera tant vos troupes, et n’égaiera leur moral, que des repas généreux (et soignés).

Dernière vignette du jour, enfin : une séance de planning collective –Jean-Fred et moi-même tirant un brin la langue quant à la gestion des retards, à mettre en relation avec la météo à venir, l’accès aux zones de tournage, le (lourd) volume de taf journalier et la chronologie du métrage (nécessitant divers looks et coupes de cheveux)… Maia, toujours plus rapide que je ne le suis, s’avère notamment, et particulièrement, efficace en termes de logique et de prévisions.

Suivent les adieux du soir (de la nuit, en fait), le retour de chacun à sa couette, les cartes à décharger (Claire !), les plans à bosser pour la suite (bibi) –chocolats en main. Bref, la routine, très zombiesque, du coucher.

To be continued.

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