J13 : WIND OF CHANGE (hu hu hu)

Le jour 13, ma foi, s’avère aussi épique que ses prédécesseurs. En cause ? Toujours mesquin, toujours coupable, le climat écossais.

Alors bon, déjà, la reprise est dure –après un pauvre, et si bienvenu, samedi de (hum*) repos. Heureusement, heureusement, cette troisième semaine a ceci de supérieur à la précédente que tous l’identifient comme ultime étape du tournage. On en voit le bout, tout là-bas, en J18… Bref. Le plus dur reste à faire. Comprendre : shooter la fameuse finale –point d’orgue du métrage, et séquence ô combien complexe. M’enfin. Ce ne sera pas pour le J13, météo oblige. Donc. La reprise est dure, disais-je.

En ce dimanche funeste, premier jour de la dernière ligne droite, notre ennemi le vent se lève. Un vent écossais, donc UN VENT, dois-je le préciser ? Moins fielleux que la pluie –encore que–, mais tout aussi malveillant. Un vent qui souffle souffle souffle, encore et toujours, démontant l’océan et écrasant sous sa virulence les malheureux bipèdes que nous sommes.

Romain : « Ha non mais moi, là, je peux pas faire des miracles, hein. Ou alors faut se protéger un peu. » Exit donc le décor « plage » initialement envisagé –d’autant que ladite plage est bouffée par les vagues, qui rajoutent au chaos ambiant.

seaRepérages-éclair, donc, parmi les dunes environnantes ; une fois n’est pas coutume, la chance nous sourit et, miracle, Cyril (était-ce Cyril ? Je crois bien, oui…) apparaît, un vague sourire aux lèvres : il aurait trouvé « le coin parfait » ; mmmouais, allons voir… Ho bon sang. De fait, un plateau au poil ras, bordé de buttes verdoyantes (nous protégeant ainsi un tant soit peu des éléments), ouvrant à l’est sur les collines et à l’ouest sur la mer en furie, semble nous attendre, au beau milieu de gigantesques herbes folles pliées par les bourrasques. Le coin parfait pour notre séquence, en effet : son potentiel expressionniste est une évidence (mer déchaînée, longues herbes battues par le vent, tempête apparente à l’image), et son look parfait pour y construire notre court.

Ni une, ni deux, nous plantons drapeaux et filet, et commençons à tourner.

westernSans grande surprise, le tournage s’avère éprouvant. (Notes de Maia : « Matinée super hard dans le vent, fini en pleurs, ça tombe bien, ça collait avec la séquence… ») Mes deux tennis players galopent à nouveau, des heures durant, au beau milieu des éléments déchaînés… hélas toujours aussi peu vêtus (eux sont habillés en tennis(wo)men quand tout le reste de l’équipe disparaît sous les K-Ways, guêtres, pantalons de pluie, bottes de pêche et autres gants de chasse).

Aïe? Même pas. La séquence est une réussite. Réussite douloureuse, mais réussite cependant. La tempête, en fin de compte, aura servi le film.

Nous mangeons rapidou, reprenons le van une petite demi-heure (haaa, le van : chaleur et air plat) puis repartons à l’attaque : à nouveau, tout change ; le quart de finale initialement prévu se voit reporté –impossible de tennisser dans le vent, au bord de l’eau, sur un sable aussi instable. Nous shootons donc, en semi-panique, l’une des séquences-du-lendemain.

S’ensuivent de nouveaux repérages éclairs, efficaces quoique moins pertinents que ceux du matin –nous tournons au final dans une cuvette champêtre, certes mignonnette mais au final assez banale, tristement fonctionnelle.

dunesQuelques italiennes rapides ; preste mise en place d’un minimum d’accessoires ; et bim, c’est reparti, méthode fournissons-du matos-au-Marc-futur-monteur, en cinquième vitesse (ladite méthode, rodée sur nombre de tournages fort peu friqués, consistant à se la jouer riche, via un découpage souvent complexe multipliant axes et valeurs au détriment des prises et, assez souvent, du bon sens technique [un sacré paquet de plans se trouvant au final tournés en prise unique, pour le pire et le meilleur…]). David Fincher en ferait un malaise. Intérêt de la méthode (utilisée, il va sans dire, à bon escient) ? En mettre plein la vue –au maximum tout du moins– en proposant une foultitude de possibles au futur monteur (bibi) ; ses inconvénients ? Beaucoup de déchets, et très, très peu de temps pour parfaire les détails. M’enfin voilà, pour ce qui est des tournages « guérilla », je ne connais, ni ne maîtrise, rien de comparable.

Ladite méthode ne fonctionne, soit dit en passant, et assez logiquement, qu’avec des acteurs extrêmement carrés, aptes à garder leur énergie quelle que soit la valeur du plan –valeur dont ils n’ont pas nécessairement connaissance– et à reproduire, aussi fidèlement que possible, leurs gestes, mimiques et intentions d’une « …action ! » à l’autre. Pas de propositions diverses sur une réplique donnée, pas d’essais impromptus chez moi. Pas le temps –car pas l’argent. Du carré, du solide, du « refais-moi-exactement-la-même ». De quoi frustrer les acteurs, sorry, tout en mettant à l’épreuve leurs mémoires, corps et cerveaux…

Dur, dur dur, mais tout roule, because justement, tiens, mes acteurs assurent, quand bien même ils ne comprennent guère le pourquoi ni le comment de mes courses hystériques autour d’eux. Ils assurent grave, même.

JamesUne longue séquence est ainsi tournée, en trois temps, sans que nous ne perdions une seule seconde, je pense ; la lumière se fait timide… et la journée s’achève enfin. Dans, allez, un chouïa moins de vent. Un chouïa. Nous sommes épuisés (dès la reprise, youpi !) mais encore une fois, et je ne sais trop comment, le boulot est fait.

Haaa. Plus que cinq jours. Et là, juste là, en cette soirée éprouvante, un coucher de soleil qui se la pète, au dessus de l’océan.

To be continued.

sunset*[« Hum » parce qu’alors que je pars en repérages avec Cyril –il nous manque un décor capital ; au temps pour la journée off en ce qui nous concerne–, alors que  je pars en repérages, donc, j’ai à nouveau droit à ça… Me revoilà englué jusqu’au torse, hors de portée des cris. Il m’a fallu ramper pour en sortir, un brin terrifié, trempé jusqu’aux os, et bien dégueulasse avec ça. Funky.]

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