O FLOWER OF SCOTLAND, WHEN WILL WE SEE YOUR LIKE AGAIN (THOSE DAYS ARE PAST NOW)?

Dernier post nostalgique, donc –ici stoppent les chroniques du tournage ; la suite appartient au futur (tautologie s’il en est) ; aux festivals, aux effets d’annonce, aux récompenses, va savoir… Bref, à la vie du film achevé.

Je parlerai donc aujourd’hui du –ou plutôt des– trajet(s) de retour.

(Mais, mais mais, juste avant cela, je me dois de combler un oubli du précédent post –le samedi aprèm’ nous ayant vus, Cyril et moi,  transporter dans les dunes, puis sur l’infinie plage de Luskentyre, une chaise d’arbitre flambant neuve, abandonnée au final aux côtés d’une poubelle [plus moyen de la caser dans notre van…]. Voiiilà. Nulle anecdote ne manquera à ce blog…)

Or donc.

Vient le dimanche matin ; la plupart des guerriers s’éloignent, laissant les tout derniers Highlanders (Claire, Cyril, Jean-Fred et bibi) à Tarbert : James, Maia, Pierre, Romain et Sarah rejoignent Stornoway et son minuscule aéroport pour un trajet à étapes (Stornoway-Glasgow, Glasgow-Londres puis Londres-Paris), au cours duquel ils croiseront notamment le génial (et écossais) Peter Mullan –le massif Pierre fondant, paraît-il, à son approche, laissant ainsi filtrer un côté midinette des plus inattendus !

En se concentrant, on peut entendre le "ouf !" du photographe, voyant les îles disparaître enfin...

En se concentrant, on peut entendre le « ouf ! » du photographe, voyant les îles disparaître enfin…

Les adieux sont, comme souvent, touchants mais irréels –une partie de la famille se barre, étrange… L’aventure commence à se clore, tel quelque vortex spatio-temporel (coup de chapeau à mon frangin) étonnamment élastique.

Nul repos cependant, la fin de la matinée voyant Cyril et moi-même parcourir les îles (Lewis & Harris) du sud au nord afin de stocker un maximum de plans-béquilles –autant profiter des incroyables paysages environnants pour multiplier les plans de coupe… Nous retournons, notamment, filmer les Callanish Stones.

Quand même, hein, quand même...

Quand même, hein, quand même… [Comme d’hab’ : images issues des proxies.]

Ayant enfin nos plans en boîte –et bim, fin de fin du tournage écossais !–, nous repartons pour Tarbert ; le ferry lève l’ancre dans l’heure, il nous faut nous presser… Quand– quand, bien évidemment, mais oui, un pneu éclate, pang, au beau milieu de nulle part.

Youpi.

Jusqu'au bout, hein. Jusque. Au. Bout.

Jusqu’au bout, hein. Jusque. Au. Bout.

Plus qu’à changer la roue ; allez vas-y, pronto, sors-nous le kit de réparation– ha bah il est tout foutu, le kit : de la colle (?) s’en échappe, dégueulassant la totalité du pack secours. Re-youpi. Le loueur va nous entendre, tiens…

Suit donc un appel à Claire ; qui contacte l’increvable Duncan –de nos gîtes et hôtel ; qui lui-même appelle un déménageur… Qui lui-même-lui-même arrive, sympathique et souriant (normal, il est écossais), une bonne heure plus tard, pour nous prendre en remorque –hééé oui, nous sommes dimanche, au fin fond d’une île semi-déserte, alors même qu’Andy Murray se bat pour son Wimbledon : les locaux ont donc fort à faire.

Je vous passe le

Je vous passe le sous-texte…

Le ferry, bien évidemment, ne nous a pas attendus… Alors bon, Cyril et moi sommes énervés ; mais alors ÉNERVÉS, quoi –moi tout particulièrement. Nous revoici partis pour une nuit à l’hôtel, et un nouveau plan de retour. Raaaah.

Enfin, raaaah– ou presque.

Puisque la fin d’aprèm’, et la soirée qui suit, s’avèrent exceptionnelles –passée la pause garage, cela va sans dire. Nous assistons notamment, et en direct, à la victoire de Murray : un Écossais qui bat Djoko (1) et triomphe en sol anglais (2) –premier joueur britannique à gagner Wimbledon après 77 ans de disette (3) ? L’ambiance est démentielle, les rouquins extatiques ! (Notons d’ailleurs que Marion Bartoli avait, de son côté, remporté, vingt-quatre heures plus tôt, la finale féminine : cocorico, pourquoi pas, mais aussi et surtout un évident signe cosmique ; l’Univers croit en notre Open…)

La classe, la classe.

La classe, la classe.

Suivent un repas généreux –dernier haggis avant la route…– et, plus agréable encore, un bon gros film de merde : vraiment, vraiment une daube, dans laquelle rien ne fonctionne : ni l’écriture (haha, l’écri-quoi ?), ni la réa, ni le cast, ni les VFX… Bref, eg-zac-te-ment le film à voir entre potes, avachis sur un large lit, en mangeant, et buvant, des saletés : merci Conan. Claire, Cyril, Jean-Fred et moi te devons un excellent souvenir écossais.

Quant au lundi…

Ma foi, retour. Claire part pour l’aéroport (la journée de retard bouleversant ses plans ; elle attendra, cela étant, vingt-quatre heures de plus à Glasgow, suite à divers problèmes techniques –elle s’imagine alors être la victime de quelque antique malédiction…) ; de notre côté, nous prenons le ferry entre hommes, les Hébrides disparaissent sous un nuage de ténèbres (comme quoi, hein : il y fait toujours, toujours mauvais…), puis nous redescendons la côte ouest (superbe), quittons les Highlands, retrouvons l’Angleterre, embarquons sur un nouveau ferry… et enfin, ma foi, nous redécouvrons la France. Le tout non sans peurs –une bûche tombe d’un poids lourd, directement sur notre toit–, mais Freddie Mercury nous aide à garder le cœur haut ; Freddie et une tablette géante de Dairy Milk, d’ailleurs…

Nous saluons sur le retour Eilean Donan, château bien connu des cinéphiles 80's.

Nous saluons, sur le retour, Eilean Donan, château bien connu des cinéphiles 80’s.

Cyril est héroïque : il conduit, seul, tout du long –je suis, pour ma part, tellement ailleurs (déjà dans mon montage, possiblement), qu’à part zyeuter le paysage, faire des blagues douteuses et, donc, grignoter du chocolat, je ne sers plus à rien.

Deux heures du mat’ : nous voici arrivés porte de la Chapelle. Où nous nous retrouvons bloqués –authentique, véridique, promisjurécraché– dans un fucking embouteillage. Qui nous retiendra une heure. À deux heures du mat’. Deux heures du mat’ ! Un embouteillage ! Jean-Fred-le-stoïque pète lui-même une durite…

Et puis.

Et puis les choses se tassent, les voitures avancent, nous trouvons une station-service (ha oui, parce que nous roulions sur la réserve depuis quelque temps, avec ça).

Je retrouve, pour ma part, Saint Ouen, ma rue, mon appart, mon lit ; lit sur lequel je m’effondre, ravagé mais heureux, avec une pensée : le monde peut s’écrouler, je n’en foutrai pas une rame du reste de la semaine.

THE END

…en attendant la suite…

Souvenirs, souvenirs, dirait Eddy Mitchell...

« Souvenirs, souvenirs… », dirait Eddy Mitchell.

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